SAINTE-MERE-EGLISE

La SCUDERIA 1918 débarque !

On ne peut attendre que du bon de l'esprit novateur et conquérant de l'écurie italienne associé à celui collectif et dynamique du Groupement des Eleveurs de Sainte-Mère-Eglise. La visite du Piémontais chez les Manchois en porte l'espoir.

Emanuele Anchisi fondateur de la Scuderia 1918, avait déjà, à l'automne dernier, effectué un déplacement de prise de contact. Un contact qui avait été établi par Eraldo Baudino l'un de ses compatriotes et un proche depuis leur jeunesse, installé depuis une dizaine d'années à Angoville au Plain.

Emanuele Anchisi entouré à gauche de Sébastien Tencé, à droite Emmanuel Bacheley Pdt du GSME, Filippo Tabarini et Eraldo Baudino.

Si le Transalpin n'avait pas requis que sa visite fût confidentielle, il avait demandé qu'elle restât discrète et surtout conduite sous l'égide du Groupement. A cet égard, lors de l'assemblée générale, un mois plus tôt le président Emmanuel Bacheley avait mis en garde les sociétaires contre toute démarche individuelle.

C'est dans la discrétion et la quiétude de la campagne proche que s'est déroulée cette visite de deux jours. Plus précisément au Bisson, à Fréville, chez Sébastien Tencé et sa compagne Sophie Leconnétable . C'est là que l'attachant et reconnu cavalier de jeunes chevaux s'est installé voilà 5 ans après la cession de son établissement de Ravenoville. Autour d'une belle bâtisse du 18ème siècle qu'encadrent des étables, elles des 17, voire 16ème siècle, qu'il a très adroitement, après avoir recouvert d'ardoise plusieurs centaine de mètres carrés de toiture, aménagé une vingtaine de boxes propres à accueillir son piquet actuel. Autour, des paddocks, un marcheur et une large carrière en sable complètent un outil de travail opérationnel.

Le superbe établissement de Sébastien Tence

Le boss de la Scuderia était accompagné de l'un de ses cavaliers, italien lui aussi, Filippo Tabarini, installé au sud des Pays Bas. Il était donc, dans cette circonstance particulièrement unique, curieux de savoir pourquoi la Manche et plus largement la Normandie, suscitent de sa part autant d'intérêt.

Il est bon de rappeler qu'Emanuele et son épouse ont créé la Scuderia 1918 dont le siège est à Massazza, à mi-chemin entre Milan et Turin :" Nous sommes des cavaliers amateurs. Lorsque nous avons vendu nos affaires dans la mode et l'hôtellerie nous avons souhaité investir dans notre passion. C'est devenu la plus entreprise de notre vie". Après quasiment 10 ans d'existence, la Scuderia 1918 a acquis une notoriété mondiale avec des cavaliers de renom tels Kevin Staut, Daniel Deusser, Lorenzo de Luca etc. et les chevaux qui s'y attachent, Visconti de Telman, Tobago Z , Halifax van't Kluizebos. Mais ce n'est pas que cela : " On a à peu près 100 chevaux. On a entamé un partenariat avec l'armée italienne. On va faire naître environ 100 chevaux par an pendant 12 ans. Nous allons faire les accouplements et faire naître et eux les élèverons jusqu'à 3 ans et après on partage".

Filippo Tabarini en selle sur un cheval présenté par Guillaume Gaumain

Vous venez ici, mais vous vous rendez sans doute ailleurs en France et en Europe ?

" Je trouve que la Normandie est un des deux meilleurs pays au monde pour l'élevage des chevaux. Si on regarde la qualité, on a besoin de chevaux costauds et qui, pour faire du sport, arrivent à 10 ans avec une santé impeccable. On a étudié avec les universités, le sol, le climat, la façon d'élever. La Normandie c'est peut-être le meilleur pays au monde avec l'Irlande pour trouver les champions du futur. C'est la 2ème fois que je viens ici. J'ai été très satisfait et je pense que nous viendrons tous les ans. On voit des chevaux qui sont présentés dans la transparence, pas préparés. C'est plus facile de les juger. On cherche vous le comprenez, la qualité, des chevaux pour sauter 5 étoiles pas pour faire du commerce. Par le passé nous sommes allés dans d'autres endroits, en Belgique, en Allemagne, aux Pays-Bas, mais en accord avec nos cavalier, là-bas vous trouvez des super 6 ans mais qui sont détruits à 8 ans. La solidité, ça dépend comment ils sont élevés, nourris. L'élevage c'est fondamental. Alors on a dit, la meilleure région, c'est cette partie de la Normandie, c'est là qu'il faut chercher. Nous cherchons essentiellement des chevaux de 5 ans mais nous regardons aussi des 6 et 7 ans voire des 4 ans si nécessaire".

On l'a bien compris, le Piémontais ne se déplace pas pour écouter des salades. Au cours de son séjour, il a pu voir et faire essayer par Filippo Tabarini, une vingtaine de chevaux. Les éleveurs, membres du Groupement des éleveurs de Sainte-Mère-Eglise et beaucoup d'autres ailleurs, ont tous les atouts pour faire naître et élever- ils l'ont montré par le passé et le montrent encore -une matière brute d'exception que des gens comme Emanuele Anchisi peuvent transformer en pépite. Une chance inouïe.