Le Lion d’Angers – Rânes

Les Courses de Pâques

Pour le week end pascal, loin de délaisser le premier round du concours de l'AEC à Saint-Lô que nous retrouverons en fin de semaine, Equin normand s'est transporté au Lion d'Angers. Quel endroit paisible et reposant que le parc de l'Isle Briand. Avec cerise sur le gâteau, un accueil dont la société des courses a le secret. Au programme plat et obstacles et beaucoup de ferveur.

Lundi, après un trajet bucolique propice à la déambulation le long des boucles de la Mayenne, arrêt à Rânes dans l'Orne pour la traditionnelle journée de lancement de la saison 2026. Accueil tout aussi agréable chez le Président de la Fédération des courses de Basse Normandie. Comme au Lion d'Angers la veille, dans une ambiance provinciale et familiale avec un cadre paysager qui donne envie de s'allonger dans l'herbe une fleur de pissenlit aux lèvres, une réunion de trot avec des succès intergénérationnels. Première victoire pour un apprenti de 19 ans et le Grand Prix pour un quasi septuagénaire.

LE LION D'ANGERS

Bryoni Frost pour le lancement de la saison 2026

Et pas n'importe qui. Agée de 31 ans, elle les fêtera le 13 avril, titulaire de plus de 300 victoires, la Britannique issue d'une grande famille des courses, son père Jimmy Frost, entraineur et ancien jockey, remporta le Grand national de Liverpool en 1989 , est installée en France depuis le printemps 2024. Au service de Paul Nicholls pendant de nombreuses années, elle revendique être la première femme à avoir remporté un Groupe 1 en obstacle. C'était à Cheltenham en 2019 associée à Frodon. Au Lion, elle montait dans une course de 3700 m, pour le compte de la casaque Simon Munir, Missile Raffles, un hongre de 4 ans, fils de Kapgarde, né à Mézidon vallée d'Auge, entrainé par Donatien Sourdeau de Beauregard dont l'implantation équestre ligérienne est ancestrale.

Clément Lefèbvre et Hiso en route pour l'Anjou Loire

C'est ensuite, le natif de Craon fétiche du public, Clément Lefèbvre, qui remportait la 1ère préparatoire à l'Anjou Loire Challenge. Il était en selle sur Hiso un hongre de 9 ans fils de Lord du Sud né dans la Nièvre. Il est entrainé par A. Sannier un professionnel du Pas de Calais qui a à son palmarès de nombreuses victoires dans la discipline dont le Grand Steeple de Compiègne, celui de Dieppe et le Grand Cross de Lignières à 3 reprises. Il faut garder en tête la prestation d' Hersent du Mee, 4ème, monté par D. Thomas en tête pendant la majorité du parcours ne cédant que dans les derniers hectomètres.

Clément Lefèbvre doublait la mise en s'imposant d'une courte tête au terme d'un duel mano a mano avec Thomas Journiac dans un steeple chase de 3900m. L'un montait Jewel de Kerza entrainé par Gabriel Leenders, l'autre Nelson du Mathan par Pascal Journiac. Le lauréat s'était imposé le 15 mars à Meslay du Maine après deux ans d'absence.

Angelo et Lucas Zuliani se partageaient les lauriers des 2 et 3èmes courses alors qu'Axel Baron faisait siennes les 2 dernières et qu'Hugo Lebouc décrochait le premier succès d'Exceed the Stars une femelle de 3 ans qui après une 3ème place pour ses débuts en septembre dernier à Bordeaux n'avait pas été revue. Une bonne journée pour le jockey angevin aux 300 victoires, qui après sa victoire, filait à Nort sur Erdre en gagner une autre et prendre une 2ème et une 3ème place.

RÂNES

La jeunesse et l'expérience

La réunion débutait avec le succès de l'entraineur/driver de Sainte Mère Eglise Robin Lamy au sulky de l'inédit Nelson Melody. François Lagadeuc ouvrait le palmarès de la tout autant inédite Nouvelle Histoire pour la casaque Montesson. Au prix d'un effort dont il a le secret, Sébastien Hardy, calé à la corde avec Mystère Nonantais résistait in extremis au sursaut final de Margaret River et Robin Lamy. Première victoire aussi pour ce fils d'Uhlan du Val. Nicolas Commoy s'imposait ensuite avec le bien nommé Mbappe Renka.

François Gelu première

La 5ème course réservée aux lads-Jockeys apprentis restera gravée dans la mémoire de la famille Gelu. En effet, pour sa 38ème course, le jeune mayennais formé au lycée de Laval et par Jacques Etienne Thuet, aujourd'hui au service d'Emilie Le Beller remportait sa première victoire. Un succès glané avec autorité. Pour la première fois aussi, il était au sulky de King de l'Ormerie et c'est dès la longue descente de la ligne d'en face que le jeune homme âgé d'à peine plus de 19 ans s'emparait aisément du commandement pour parader légitimement pleine piste sous les bravos d'un public évalué à près de 2500. Félicité par son entourage dont Eugène Lefèvre l'ancien vainqueur du prix d'Amérique avec Ideal du Gazeau, le jeune driver suscita une émotion maternelle bien naturelle.

Christian Boisnard le savoir faire

Puis, on passa au Grand Prix de la journée traditionnellement dédié aux chevaux d'âge. C'est un homme d'expérience, reconnu comme tel et apprécié dans le milieu qui, calé le long de la lice extérieure comme pour faire partager son succès avec les turfistes qui l'emportait avec une grande facilité. L'homme en question, est Christian Boisnard. Bientôt septuagénaire, le professionnel brétilien des environs de Rennes, homme de la terre par excellence, avait attelé Hugh de Banville, un hongre de 9 ans fils d'Akim du Cap vert. Né en partenariat partagé à l'Ecurie toulousaine Mip et chez Jean Duprey de Catz (50) qui fut président des courses de Graignes pendant 22 années, Hugh à ses débuts dans les écuries du regretté Franck Anne, et des perspectives de grande carrière, rejoignait celles de Christian Boisnard à la fin de la saison 2022 après un arrêt de 300 jours. Préparé à dessein, Hugh de Banville à sans doute encore du talents à faire valoir.